L'avenir du centre des arts en Guadeloupe : un espace occupé et des interrogations en perspective

EN BREF

  • Centre des arts de Pointe-à-Pitre : symbole culturel guadeloupéen.
  • Occupé par un collectif d'artistes depuis juillet 2021.
  • Exigences de rénovation urgente après 13 ans d'abandon.
  • Ateliers créatifs et événements artistiques en cours.
  • Espaces à sécuriser et besoin d'entretien.
  • Projet de travaux à deux phases annoncé pour 2023.
  • Débat sur la politique culturelle en Guadeloupe.
  • Création d'un comité culturel guadeloupéen envisagée.

Le Centre des arts de Pointe-à-Pitre, emblème de la culture en Guadeloupe, se retrouve occupé par un collectif d'artistes depuis 2021, après des années d'abandon. Cette occupation vise à revendiquer la rénovation urgente du bâtiment, qui était autrefois le cœur culturel de l'île. Les artistes, dont certains se sont engagés pose une réalisation artistique dynamique, espèrent transformer cet espace en un véritable tiers lieu créatif. Cependant, des interrogations demeurent concernant la sécurité du bâtiment et l'engagement des autorités locales à réaliser les travaux nécessaires, avec un projet qui semble encore loin d'être finalisé et dont les enjeux financiers soulèvent des inquiétudes.

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Le centre des arts de Pointe-à-Pitre, une institution emblématique de la culture guadeloupéenne, se trouve aujourd'hui au cœur de changements significatifs. Après treize ans de stérilité, un collectif d'artistes a pris possession des lieux pour revendiquer sa rénovation urgente. Cet article explore les diverses dimensions de cette occupation, ainsi que les réflexions et les espoirs suscités par cette dynamique, tout en plaçant cette situation dans le contexte culturel et administratif actuel de la Guadeloupe.

Un espace historique en mutation

Le Centre des arts de Pointe-à-Pitre, autrefois considéré comme le cœur vibrant de la culture guadeloupéenne depuis les années 1970 jusqu'aux années 1990, souffre aujourd'hui de l'érosion du temps et de l'abandon. Référence en matière d'événements artistiques et culturels, le bâtiment s’étend sur 4.000 mètres carrés et compte six étages. Cependant, depuis l'arrêt des travaux de réfection, ces lieux sont restés vides et silencieux pendant plus d'une décennie. Cette stagnation a suscité une initiative collective visant à donner une nouvelle vie à cet espace symbolique.

Un collectif d'artistes sur le terrain

Depuis le 5 juillet 2021, un groupe d'artistes s'est instauré dans les locaux, prenant d'assaut cet espace en désuétude pour réveiller la créativité. Composé d'une trentaine de membres, le Kolèktif Awtis Rézistans, sous l'égide de Laurence Maquiaba, a pour but de « faire bouger les lignes » en occupant les lieux. Avec des ateliers créatifs, des spectacles et des concerts, le collectif redynamise peu à peu cet espace historique. Selon Maquiaba, cet effort pourrait potentiellement transformer le CAC en un tiers-lieu, un endroit où les idées, la culture et la créativité peuvent se croiser.

Les défis de l'occupation

Toutefois, cette occupation n'est pas sans défis. Bien que les artistes aient investi les murs du bâtiment, la sécurité des lieux demeure problématique. Les constructions inachevées et l'état dégradé des infrastructures suscitent des inquiétudes. De nombreuses œuvres exposées sont menacées par l’humidité et l’absence de système de drainage. Malgré ces défis, les artistes continuent de nourrir le lieu de créations diverses, apportant des couleurs et une ambiance qui manquaient cruellement auparavant.

Rénovation en suspens : une promesse non tenue

La rénovation du Centre des arts, attendue depuis longtemps par la communauté, semble stagner dans un flou administratif. Les promesses d’un retour aux travaux sont fréquentes, mais les retards et les complications financières soulèvent de nombreuses interrogations. Le maire de Pointe-à-Pitre, Harry Durimel, a exprimé son désir de voir ce site transformé et son apparence améliorée, mais ses appels à une visite du site ont été refusés tant qu'il n'y a pas d'existence légale. Ce paradoxe entre l’envie de moderniser et le manque de moyens concrets laisse planer une incertitude sur l'avenir du bâtiment.

Un projet pharaonique et son financement incertain

Décidée en plusieurs phases, la rénovation du CAC devrait débuter au premier semestre 2023. Cependant, le caractère pharaonique du projet, dont les évaluations financières initiales indiquent un coût de 17 millions d'euros, a rapidement grimpé à 39 millions d'euros, ce qui suscite l’inquiétude quant à sa faisabilité. Francesca Faithful, vice-présidente en charge de la culture, évoque des travaux visant à mettre le bâtiment « hors d'eau et hors d'air », mais la population reste sceptique sur la réalité de cette ambition. Ces incertitudes renforcent le sentiment d'urgence ressenti par les artistes occupés.

Une communauté en résistance : les voix du collectif

Pour les membres du Kolèktif Awtis Rézistans, l'occupation du Centre des arts n'est pas une simple appropriation, mais une revendication d’un espace à vocation culturelle. Florence Naprix, porte-parole du collectif, souligne l nécessité d’un débat interne sur la politique culturelle de la Guadeloupe. Ils aspirent à établir un cadre qui englobe non seulement la préservation du patrimoine, mais aussi le soutien aux créations contemporaines. L'idée d’un comité culturel guadeloupéen pour mieux faire entendre la voix locale se dessine également comme une priorité.

Réactions du public et des artistes face à cette occupation

Les réactions à cette occupation sont variées. Pour certains, il s'agit d'un souffle d'air frais, d'une manière de redonner vie à un espace qui en avait tant besoin. D'autres, en revanche, expriment des craintes quant à la sécurité et à l'utilisation durable des lieux. Fréquentant le Centre des arts, Antonwé Vila, un artiste local engagé dans le projet, a vu à quel point le lieu a évolué au cours de l'occupation, exprimant son désir de voir les travaux de rénovation commencer rapidement pour pouvoir quitter le site en toute sécurité.

La perspective d'harmoniser tradition et modernité

La rénovation prévue peut également se transformer en une opportunité de rétablir un équilibre entre la tradition et la modernité dans la culture guadeloupéenne. Les artistes proposent de repenser l'utilisation des espaces pour qu'ils soient à la fois contemporains et respectueux des racines culturelles. Cet équilibre est fondamental pour revendiquer une identité culturelle forte, tout en tenant compte des aspirations des nouvelles générations d'artistes.

Les enjeux en termes de visibilité et de reconnaissance

Un autre grand enjeu à envisager concerne la visibilité et la reconnaissance des artistes guadeloupéens, tant localement qu’au niveau international. Le CAC doit redevenir une plateforme de promotion des talents des îles, un lieu où diverses formes d’expression artistique peuvent s'épanouir. Ces espaces doivent être encouragés et soutenus pour permettre une circulation des projets artistiques à l'échelle nationale et au-delà, favorisant les échanges culturels authentiques.

En attendant l'avenir : un appel à la mobilisation collective

Face à cette situation complexe, les artistes et la communauté guadeloupéenne sont appelés à se mobiliser collectivement. L'importance de leur rôle dans le façonnement de l'espace culturel de la Guadeloupe ne saurait être sous-estimé. L'occupation du centre des arts est un appel à une redéfinition de la culture locale, à la fois comme patrimoine et comme un espace résolument tourné vers l'avenir. La mobilisation d'une communauté dynamique peut réellement transformer cet espace en un laboratoire créatif pour les futurs artistes de la région.

Les exemples d'autres initiatives en cours

En parallèle à l'occupation du CAC, d'autres initiatives émergent sur le territoire guadeloupéen. Des projets identiques naissent dans diverses communes, visant à dynamiser la culturelocale et à offrir des plateformes aux artistes. Ces projets mettent souvent l'accent sur la collaboration entre différents acteurs, fédérant à la fois institutions et artistes, pour un objectif commun : la valorisation de la culture guadeloupéenne. Le besoin croissant d'espaces d'expression commence à être reconnu, montrant la voie vers un avenir culturel en pleine évolution.

Perspectives d’avenir : entre désillusion et espoir

Ce qui se passe au Centre des arts de Pointe-à-Pitre est à la fois un signe d'espoir et un révélateur des défis à surmonter. Les ambitions de rénovation et de dynamisation culturelle sont présentes, mais il en revient aux acteurs et à la communauté de faire entendre leur voix. L’engagement des artistes et des militants est essentiel pour que cet espace ne reste pas qu'une promesse, mais devienne un lieu vivant, vibrant de créativité et de passion. Les discussions autour de ce projet soulignent le besoin urgent de bâtir une culture guadeloupéenne qui soit à la fois inclusive et dynamique, capable de répondre aux défis du présent tout en se projetant vers l'avenir.

Conclusion : vers une dynamique commune

À travers les contradictions du projet de rénovation, il se dessine un besoin de redynamiser la culture guadeloupéenne. En attendant, l’implication et la créativité des artistes occupent le terrain, apportant de nouvelles énergies à cet espace historique. Les attentes sont grandes, mais l'enthousiasme des occupants pourrait bien être l'impulsion nécessaire pour transformer cet avenir en une réalité tangible et tangible. La continuité des aspirations artistiques, la valorisation des talents locaux et la nécessité d’un cadre structuré constituent tous des éléments clés pour avancer vers un avenir prometteur et inclusif.

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