Des artistes guadeloupéens s'engagent pour sauvegarder un centre culturel menacé

EN BREF
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Un groupe d'artistes guadeloupéens se mobilise pour défendre le Centre des arts et de la culture de Pointe-à-Pitre, fermé depuis treize ans. Face à l'inaction des collectivités, ces artistes, regroupés au sein du collectif « Artistes en résistance », ont investi les locaux abandonnés pour réclamer la reprise des travaux de rénovation. Ils transforment cet espace inoccupé en un tiers-lieu artistique, où ils organisent des activités et des performances, tout en sensibilisant la population à l'importance de la culture. Leur mobilisation a suscité des discussions avec les autorités afin de garantir un avenir pour ce lieu emblématique de la création caribéenne.
La Guadeloupe, terre de culture et de création, voit ses artistes se mobiliser pour défendre un symbole de leur héritage : le Centre des arts et de la culture de Pointe-à-Pitre. Cet espace, en péril depuis plus d'une décennie à cause de travaux de rénovation abandonnés, est désormais occupé par un collectif d'artistes locaux qui souhaite sauver ce bastion de la création caribéenne. À travers des actions artistiques, ils tentent de rappeler l'importance de cet espace pour la vie culturelle de leur île.
Un patrimoine en déclin
Le Centre des arts et de la culture (CAC) de Pointe-à-Pitre a vu le jour en 1978, un projet ambitieux de la mairie communiste de l'époque. Cependant, depuis 2009, il est fermé pour des travaux de modernisation qui n'ont jamais vraiment débuté, laissant le bâtiment à l'abandon. Avec ses salles de spectacle, sa médiathèque et son école de musique, ce centre était un lieu de rencontre et de diffusion de l'art caribéen. Cependant, en 2022, les quelque 100 000 habitants de la capitale guadeloupéenne se retrouvent privés d'un espace essentiel pour la création artistique.
Des artistes en première ligne
Face à l'immobilisme des collectivités, un mouvement est né. Depuis le 5 juillet 2021, un collectif d’artistes – le Kòlektif Awtis Rézistans – a décidé d’occuper les locaux désaffectés du CAC pour exiger la reprise des travaux. Ce groupe, composé de musiciens, peintres, sculpteurs et autres créateurs, entend restituer vie et couleur à ce bâtiment en souffrance. Leur but est non seulement de mettre en lumière leur mécontentement, mais aussi de redonner au présent cet espace vital pour l’expression culturelle.
Créer un lieu de rassemblement
En investissant le centre, les artistes ont transformé ce qui était un bâtiment décrépi en un véritable tiers-lieu artistique. Les murs ont été engravés de fresques colorées, et les salles sont devenues des lieux de création et de performance. Ils vont au-delà de leur simple occupation : ils mettent en place des activités, comme des concerts et des résidences artistiques, pour rappeler à la population guadeloupéenne que leur culture n'est pas seulement un héritage, mais un présent à célébrer.
Les défis de la réouverture
Le chemin vers la réouverture du CAC est semé d'embûches. Les artistes doivent faire face à un système institutionnel longtemps hésitant et sans lignes directrices claires. La gestion des travaux a été critiquée par plusieurs acteurs du milieu culturel. Le budget initial de 16 millions d'euros a explosé, atteignant presque 39 millions, en raison de nombreux imprévus, notamment le désamiantage et les normes parasismiques. Une situation qui désespère les artistes, mais ne les décourage pas.
Une mobilisation nécessaire
Le collectif "Artistes en résistance" se bat non seulement pour la réouverture du centre, mais aussi pour une refonte de la politique culturelle en Guadeloupe. Ils souhaitent que leur voix soit entendue et que de véritables concertations soient mises en place avec les collectivités. L’objectif étant d’intégrer les besoins et les propositions des artistes dans les futurs projets culturels. Par ailleurs, l'absence de politique culturelle a un impact direct sur la dynamique créée par les artistes.
Un engagement créatif
Leurs actions vont bien au-delà d'une simple occupation. En récupérant des matériaux, ils créent des œuvres qui embellissent les murs du CAC, insufflant ainsi une nouvelle vie et une énergie créative à ce lieu en déclin. Des projets comme des bibliothèques improvisées ou des espaces de détente témoignent de leur capacité à transformer les contraintes en opportunités. Chaque coin du bâtiment raconte une histoire d'engagement et de passion, là où les politiques ont échoué.
Se réapproprier son patrimoine culturel
La réappropriation de cet espace par les artistes est une opportunité de redynamiser la culture guadeloupéenne. Ils inventent des formats d'événements culturels accessibles au public, rassemblent les passions et renforcent les liens communautaires. Des visites guidées, des ateliers et des performance ouverte au public sont autant d'initiatives qui visent à rappeler que cet espace appartient à la population. La culture, véhicule d'identité, doit être préservée et soutenue.
Un soutien croissant du public
La mobilisation artistiques attire de plus en plus le soutien de la population guadeloupéenne. Les habitants prennent conscience de l'importance de ce centre pour la culture locale et défendent la cause des artistes. Par le biais des réseaux sociaux, le collectif fait connaître ses actions, rassemblant une communauté de près de 10 000 abonnés qui suivent leur évolution et les initiatives à venir. Cette dynamisme et cet engagement résonnent à travers toute l'île, et le soutien du public devient un levier important pour pression sur les collectivités.
Faire entendre sa voix
Au-delà des événements culturels, les artistes signent des pétitions, organisent des rencontres avec les élus et interviennent dans les médias pour sensibiliser sur les enjeux de leur démarche. Leur message est clair : il ne suffit pas de rénover un bâtiment, il s'agit aussi de repenser la place de la culture dans la société guadeloupéenne. Ils proposent de reconsidérer le CAC comme un espace de création, de dialogue et d'échange, au lieu d'un simple lieu de spectacle.
Un avenir incertain, mais prometteur
Alors que les mois passent et que l'occupation se poursuit, l'avenir du CAC reste incertain mais aussi prometteur. Le collectif d'artistes s'est engagé à ne pas quitter les lieux jusqu'à obtenir des réponses claires sur la reprise des travaux et une date de réouverture. Ils veulent une promesse renouvelée, celle que la culture guadeloupéenne ne sera plus laissée de côté et que cet espace deviendra un phare pour le futur artistique de l'île
Une nouvelle vision pour le CAC
La mobilisation des artistes guadeloupéens représente une opportunité unique. Au-delà de la simple résistance, ils s'attachent à redéfinir l'identité et la fonction du CAC. Ils imaginent un lieu ouvert à tous, un espace d'écoute où les générations futures rencontreront les valeurs, la créativité et l'histoire de leur héritage. Leur détermination à faire vivre ce centre s'inscrit également dans un mouvement plus large de sauvegarde du patrimoine culturel caribéen en réponse aux défis posés par le temps et le désengagement des institutions.
Pour suivre les évolutions du collectif et des événements à venir, rendez-vous sur leur page officielle sur Art Guadeloupe. Il est crucial de soutenir cette quête pour redonner vie au Centre des arts et de la culture afin qu'il puisse remplir son rôle vital.
Dans ce contexte de mobilisation artistique, le moral des troupes semble intact. Les artistes émettent un regard positif sur la situation malgré les défis à relever. De nombreuses discussions et concertations ont lieu avec les institutions, chacun espérant des avancées concrètes dans leur combat pour l'art et la culture. La mémoire du passé se mélange avec les aspirations d'un futur rayonnant, où le CAC pourrait redevenir le lieu emblématique de la culture guadeloupéenne.
Contribuer à l'enrichissement culturel
Un projet ambitieux se dessine avec une vision globale de l'art en Guadeloupe. Les artistes espèrent que le centre pourra une fois de plus devenir un carrefour culturel, où se mêleront différentes disciplines artistiques. Ils souhaitent que la collectivité prenne pleinement conscience de l’attractivité de la culture locale, non seulement en tant que vecteur économique, mais surtout comme facteur d’émancipation et d’identité.
Le rôle des festivals artisanaux
Inscrit dans le mouvement pour la renaissance du CAC, la promotion des festivals artisanaux est une action complémentaire. Ces événements célèbrent la culture locale et font rayonner les talents guadeloupéens tant sur le territoire national qu'international. Ils permettent également de créer des synergies entre les artistes et le public, renforçant ainsi le tissu social et culturel. Pour en savoir plus sur ces festivals, vous pouvez consulter ce lien.
Un miroir de la société guadeloupéenne
Le CAC n'est pas qu'un simple bâtiment ; il est un miroir de la société guadeloupéenne, reflet de ses luttes, de ses rêves, et de son identité. Les artistes, par leur engagement, restaurent ce miroir et en assurent la pérennité. À travers l'art, ils interpellent, rassemblent et ouvrent le dialogue sur des thématiques importantes pour la communauté.
Un message d'espoir
La résistance des artistes guadeloupéens est bien plus qu'une simple occupation d'un bâtiment. C'est un message d'espoir pour tous ceux qui croient en la force de la culture. L'avenir du Centre des arts et de la culture ne dépend pas uniquement des décisions politiques, mais de l'engagement, du soutien et de la mobilisation de chaque citoyen. Ensemble, ils peuvent s'assurer que la voix des artistes soit entendue et que le CAC retrouve toute son importance au cœur de la vie culturelle guadeloupéenne.
Pour suivre les développements de cette mobilisation et en apprendre davantage sur la lutte des artistes guadeloupéens, vous pouvez consulter les articles et analyses sur la1ere.francetvinfo et lefigaro.fr.
Alors que l'occupation se poursuit, le temps joue un rôle crucial. Il est vital que les institutions comprennent l'urgence de la situation et agissent pour permettre la réouverture du CAC. Une réouverture qui serait non seulement celle d'un bâtiment, mais le symbole de la renaissance d'une culture qui a besoin de vivre, de s’exprimer et de s’imposer dans son propre territoire.
Le combat est loin d'être terminé, mais la détermination des artistes engendrée par la mobilisation continue de croître. Chaque jour, ils renforcent leur engagement envers la sauvegarde de ce centre culturel, et leur rêve d'un CAC vibrant et dynamique n’est pas irréalisable, mais proche de devenir une réalité grâce à la solidarité de la communauté.
